Promouvoir le compostage collectif et le traitement des biodéchets
Développer un premier projet pour composter avec nos voisins (Bajatière)
Puis dupliquer l’expérience dans d’autres quartiers

Compostage de proximité, de quoi s’agit-il?

Faire un compost de qualité chez soi, au pied de de son immeuble, dans son lotissement ou son quartier vient compléter le compostage industriel. Quand elle est possible, la mise en place de ce compostage de proximité est beaucoup plus souple et rapide que la collecte séparée des biodéchets (pas de nouvelle poubelle, pas de nouvelle tournée de collecte).
Cette action, à l’initiative des particuliers intéressés, a également le mérite de jouer un fort rôle de sensibilisation car le compost est de loin l’exemple le plus parlant du « déchet-ressource ».
La séparation à la source des biodéchets devra être généralisée d’ici 2025, selon la loi de transition énergétique : les collectivités devront choisir leur méthode de collecte et disposer de solutions de compostage de proximité.
On n’abordera ici que le compostage partagé, en laissant de côté le lombricompostage à domicile.

La boîte à outil

A quoi sert-elle ?

  • Faciliter la création par des groupes d’habitants de sites de compostage partagé de proximité, à l’intérieur d’une copropriété ou sur l’espace public, sur le territoire de Grenoble-Alpes-Métropole
  • Repérer, informer, rencontrer et convaincre un certain nombre de partenaires et d’alliés potentiels.
  • Inscrire le fonctionnement du compost dans la durée. Le compost d’excellente qualité qui sera produit (dont la maturation demande de 6 mois à 1 an) est ensuite mis à la disposition des participants.

Minimum requis pour se lancer :

  • Un minimum de 3-4 personnes, qui suivront une formation dispensée par Grenoble-Alpes-Métropole ; pour constituer de noyau, il peut être utile d’aller voir les composts à proximité, qui ont parfois des listes d’attente d’utilisateurs, donc des gens déjà sensibilisés, potentiellement prêts à s’investir
  • Un site adapté sur un espace vert (espace public ou copropriété) ;
  • Plusieurs bacs de compostage (un bac de dépôts, un bac de maturation, une réserve de matière sèche) ;
    Compter un délai de quelques mois entre le début du projet de création d’un site et sa mise en fonctionnement !

Parlons argent…

  • La formation « référent de site de compost partagé » est entièrement financée par Grenoble-Alpes-Métropole ;
  • La collectivité propose différents modèles de bacs, avec un tarif largement inférieur au coût réel. L’auto-construction (palettes) est également envisageable. Un grillage anti-rongeurs au fond des bacs est indispensable, ainsi qu’un système de fermeture par cadenas si on est sur l’espace public.
  • Le reste du matériel (griffe, sécateur, fourche, bâche, tamis…) peut souvent être fourni par les participants ou même mutualisé entre plusieurs sites.
  • Pour l’acquisition du matériel de départ, on peut solliciter, si l’implantation est envisagée sur la ville de Grenoble, le Fonds de participation des habitants et/ou le Conseil Citoyen Indépendant. Pour les autres communes, c’est à voir au cas par cas. Dans une copropriété (espace privé), les frais incombent normalement aux copropriétaires (à voter en AG).

Avec qui se lancer ?

Le compostage partagé n’est pas seulement une question de techniques de gestion et de valorisation des déchets organiques, mais relève aussi du lien social et de la vie de quartier.
Il est donc important de déterminer qui seront :

  • les utilisateurs du site,
  • les bénévoles qui l’animeront,
  • les acteurs qui pourront le faire connaître, appuyer la démarche, l’intégrer dans des réseaux.

La constitution d’une petite équipe qui portera la démarche doit donc aller de pair avec la recherche de partenaires :

  • Grenoble-Alpes-Métropole, le service prévention déchets ;
  • Sur le territoire de la commune de Grenoble, il faut contacter la Maison des Habitants : en priorité, l’agent de développement local, qui facilitera tous les contacts ultérieurs, institutionnels ou associatifs ; le technicien espace public du secteur si une implantation dans un square, un parc, etc. est envisagée. Dans les autres communes, contacter la mairie, (par exemple service environnement ou citoyenneté, les dénominations et missions peuvent varier) ;
  • Associations et structures présentes dans le quartier : union de quartier, écoles et accueils périscolaires, associations de locataires, de parents, d’assistantes maternelles…
  • Interlocuteurs plus spécialisés sur la réduction des déchets et les jardins urbains : association Brin d’Grelinette, collectif Zero Waste Grenoble…
  • L’élu municipal en charge du secteur, dont l’appui peut être utile

Quels bénéfices ?

On estime généralement à 30 % la part des déchets organiques compostables dans les déchets domestiques. Généraliser la pratique allège la collecte et tend à diminuer les coûts supportés par tous. Composter permet aussi aux citadins de se reconnecter avec les cycles naturels, de sensibiliser les enfants, mais aussi de créer des liens avec des voisins de tous âges et de toutes origines, et parfois se se lancer ensemble dans de nouvelles aventures…

Le compost produit peut être utilisé comme fertilisant naturel de différentes manières, en fonction de son degré de maturité et des saisons. Il sert notamment au  rempotage, mélangé à du terreau ou du sable. Au delà de l’usage individuel, il trouve un débouché tout naturel avec le développement des jardins urbains (jardins partagés, opérations telles que « Jardinons nos rues », « Incroyables Comestibles »…

Les économies engendrées par la baisse des quantités de déchets dans la poubelle grise devraient permettre de créer des emplois (au niveau de la Métro) pour faciliter l’installation et le fonctionnement des sites de compostage collectif : apport de broyat, conseils et formation, communication sur les lieux de compostage, sensibilisation des habitants dans les quartiers. Ces emplois sont primordiaux afin d’accompagner les porteurs de projet et d’alléger certaines charges.Ça va marcher !De nombreux sites de compostage collectif existent dans de grandes métropoles (Rennes, Montpellier, Bordeaux, Lyon, Strasbourg…). La Métro en compte  déjà plusieurs dizaines.​

Les bonnes pratiques :

Pour réussir, il faut :

  • soigner la communication sous toutes ses formes :affichettes et flyer (halls d’immeuble, commerçants), flyers, réseaux sociaux, contacts directs lors de fêtes de quartier…
  • établir et renforcer des liens entre les personnes intéressées (bénévoles impliqués ou personnes simplement intéressées par l’initiative); dans la phase de construction du projet, il peut être intéressant de visiter ensemble différents sites de compost existants ;
  • une fois le site installé, en faire un lieu agréable et convivial (échange de nouvelles, d’informations, grignotages partagés…)
  • favoriser le renouvellement du groupe de bénévoles en utilisant toutes les opportunités pour se faire connaître : fêtes de quartier, initiatives locales autour du développement durable, événements nationaux comme « Tous au compost ! », etc.
  • si possible, mettre en place un réseau informel des composteurs de l’agglomération, afin d’échanger astuces, bonnes pratiques et coups de main, en y associant les jardins partagés (qui disposent d’ailleurs souvent d’une zone de compostage).

Retour d’expérience sur le projet de Compostage collectif à la Bajatière

C’est grâce à l’aide des Conseils citoyens indépendants E et F-Le Verderet, qui ont accepté de financer l’achat du matériel nécessaire, que le site de compostage collectif du square Bajatière a vu le jour. Il a été inauguré le 24 septembre 2016, après plusieurs mois de préparation et de démarches. Les 4 habitants à l’initiative du projet ont été soutenus par le collectif Zero Waste Grenoble et l’association Brin d’Grelinette. Ces 4 personnes ont aussi suivi la formation « référents de compost collectif » proposée par Grenoble Alpes Métropole.​
Les services de la ville de Grenoble (les espaces verts publics sont gérés par la commune) et de Grenoble Alpes Métropole (la gestion des déchets est une compétence métropolitaine) ont apporté leur concours, déterminé l’emplacement et donné les autorisations nécessaires. Les 3 bacs en bois de 850 litres sont donc installés le long du mur nord du square Bajatière : réserve de matière sèche où sont également stockés quelques outils, bac de dépôts et bac de maturation. Un câble métallique fermé par un cadenas à code permet de verrouiller l’ensemble : cette précaution nous a été demandée par la ville de Grenoble. En raison du démarrage imminent du chantier de construction d’un immeuble de logements sociaux par ACTIS sur la parcelle voisine, les bacs vont être déplacés d’ici quelques mois de l’autre côté de l’avenue Jean Perrot, sur le terrain actuellement en friche qui jouxte l’école maternelle Bajatière, terrain sur lequel un verger collectif va être créé prochainement.

Nous saisirons l’occasion pour envisager l’acquisition d’un bac de maturation supplémentaire pour parvenir à une décomposition plus complète et donc à un compost aux utilisations plus variées. En effet, le bac de dépôts se remplit en l’espace de 3-4 mois, ce qui nécessite le transvasement de son contenu dans le bac de maturation, qui doit être préalablement vidé. Jusqu’ici nous avons réussi à trouver des jardiniers intéressés par la récupération de compost demi-mûr, mais cela reste aléatoire. Pour l’achat de ce quatrième bac, nous envisageons, le moment venu, de solliciter à nouveau les 2 conseils citoyens indépendants auxquels nous renouvelons nos remerciements.

En pratique, le site de compost est alimenté de façon régulière par une quinzaine de familles. Près de 50 personnes reçoivent les informations envoyées par courriel. Nous nous efforçons de tenir 2 à 3 permanences par semaine sur le site, de façon à veiller à son bon état et à accueillir les nouveaux venus ou les curieux : une petite dizaine de bénévoles se relaient pour les assurer.


A consulter

  • Nombreuses informations sur divers sites Internet, notamment, pour le cadre local,  www.moinsjeter.fr et www.brindgre.org (cartographie des sites de compost partagé).
  • Grenoble Alpes Métropole et Brin d’Grelinette disposent aussi de documents imprimés  téléchargeables ou à emprunter
  • Un ouvrage à consulter sans modération : Compost et paillis : pour un jardin sain, facile et productif, par Denis Pépin, éd. Terre Vivante, 2013